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Acte I , Scène V : La scène du Bal :
ROMÉO. - Oh ! elle apprend aux torches à briller splendidement ! On dirait qu'elle pend à la joue de la nuit comme un riche joyau à l'oreille d'un Ethiopien ; Beauté trop riche pour qu'on en use, et trop chère pour la terre ! Comme une colombe de neige en troupe avec des corneilles, ainsi paraît cette dame au milieu de ses compagnes. [...]
Acte II , Scène 2 :
JULIETTE. - Tu sais, le masque de la nuit colore mon visage, sinon une rougeur de vierge aurait coloré mes joues pour ce que tu m'as entendu dire cette nuit. Ah si je pouvais demeurer dans les bons usages, si je pouvais, si je pouvais effacer tout ce que j'ai dit. Mais non, adieu adieu cérémonie ! M'aimes-tu ? Je sais que tu répondras "oui", je croirai ta parole, et pourtant si tu jures tu peux te montrer faux, des parjures d'amants on dit que Jupiter sourit. Doux Roméo, si tu aimes, proclame le sincèrement ; ou si tu penses que trop vite je suis conquise je serai sévère et méchante, je dirai non pour que tu me fasses ta cour ; mais autrement, pour rien au monde ! En vérité, beau Montaigue, j'ai trop d'amour, c'est pourquoi tu peux penser ma conduite bien légère ; mais crois-moi, noble jeune homme, je me montrerai plus fidèle que celles qui ont plus d'adresse à demeurer réservée ; mais voici que tu as surpris, avant que je fusse prévenue, ma vraie passion d'amour, aussi pardonne-moi et n'impute pas à la légèreté mon abandon que cette sombre nuit t'a révélée.
Pauline, Capucine, Camille & Marine. Essentielles (L)










